Crue au Népal : la colère monte contre le gouvernement, quatre Français toujours recherchés

Au matin du mardi 1er septembre 2026, le gouvernement népalais fait face à une colère grandissante des familles de victimes, six jours après la crue dévastatrice du 26 août : le bilan officiel du 31 août fait état de 939 morts et 3 925 disparus au Népal, auxquels s’ajoutent 16 morts et 546 disparus côté tibétain, tandis que quatre Français et neuf Sud-Coréens figurent toujours parmi les personnes recherchées.

En bref
  • 939 morts et 3 925 disparus au Népal selon le bilan des autorités népalaises du 31 août au soir, en plus de 16 morts et 546 disparus annoncés côté tibétain par Pékin — soit environ 955 morts et 4 470 disparus au total.
  • La colère des familles monte contre le gouvernement népalais : « On n’a reçu aucune aide du gouvernement », affirment des proches de victimes interrogés par TF1 Info le 31 août.
  • Les quatre Français portés disparus depuis le 28 août n’ont pas été retrouvés : aucune annonce de découverte au matin du 1er septembre.
  • Pour les neuf Sud-Coréens disparus sur un chantier hydroélectrique, hélicoptère et drones n’ont donné « aucun progrès significatif » : Séoul envoie 44 secouristes supplémentaires (Yonhap, 1er septembre).

Ce qui s’est passé le 26 août : un pan de glacier effondré dans l’Himalaya #

La catastrophe s’est produite le mercredi 26 août vers 8 h 37, heure népalaise. Selon les analyses de l’institut géologique américain USGS, relayées notamment par CNN, un gigantesque pan de glacier s’est détaché près de la frontière entre le Népal et la Chine, dans le massif du Langtang, en même temps qu’un glissement de terrain : l’effondrement a généré un signal sismique équivalent à une magnitude de 5,2 sur les capteurs locaux. Un torrent de glace, de roche et de boue a dévalé la vallée de la rivière Trishuli (appelée Bhotekoshi dans sa partie amont), rayant de la carte des villages entiers du district de Rasuwa, dont Timure et Syabru Besi, avant de frapper plus en aval les districts de Nuwakot et de Dhading.

Le bilan au matin du 1er septembre : deux comptes, une même tragédie #

Le bilan reste provisoire et évolue chaque jour. Selon le bilan du 31 août au soir de l’autorité népalaise de gestion des catastrophes, la crue a fait 939 morts et 3 925 disparus au Népal — un nombre de disparus en recul par rapport au décompte du matin (4 247), à mesure que les recensements avancent. Côté chinois, le bilan officiel communiqué par Pékin reste figé à 16 morts et 546 disparus au Tibet. C’est l’addition de ces deux comptes qui explique les chiffres de « 955 morts et 4 471 disparus » repris le 31 août par plusieurs médias, dont Le Monde et Ouest-France. Quatre jours plus tôt, le 30 août, on comptait encore 734 morts : l’aggravation est continue et rien n’indique que ce bilan soit définitif.

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« On n’a reçu aucune aide du gouvernement » : la colère des familles #

Au sixième jour, la détresse des familles se double d’une colère de plus en plus ouverte contre le gouvernement népalais. « On n’a reçu aucune aide du gouvernement », affirment des familles de victimes interrogées par TF1 Info dans un reportage publié le 31 août, qui décrit une colère « qui monte » dans les zones sinistrées, où des habitants disent avoir dû organiser eux-mêmes les premières recherches. La critique dépasse les zones dévastées : la presse népalaise, relayée le 30 août par Courrier international, accuse un gouvernement qui « vit dans le cloud, mais échoue sur le terrain ». Les autorités mettent en avant le déploiement de l’armée, de la police et des forces paramilitaires, la déclaration de zones sinistrées et l’autorisation donnée à des équipes étrangères — indiennes, chinoises, australiennes et sud-coréennes — de participer aux secours.

Quatre Français toujours recherchés, aucune découverte annoncée #

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé le vendredi 28 août que quatre ressortissants français — trois femmes et un homme — étaient portés disparus dans la zone de la catastrophe. Parmi eux figurent, selon La Dépêche et 20 Minutes, une femme originaire de Marseille et une Franco-Ukrainienne. Au matin du 1er septembre, aucune annonce de découverte n’a été faite : les derniers points de presse du 31 août les mentionnaient toujours comme disparus. « Nous gardons espoir », confiait le 30 août au Parisien la mère de l’une d’elles.

Neuf Sud-Coréens : hélicoptère, drones, et 44 secouristes en route #

Le sort des neuf Sud-Coréens disparus mobilise Séoul. Il s’agit d’ouvriers et de cadres d’un chantier hydroélectrique du district de Rasuwa : six salariés de Doosan Enerbility et trois de Korea South-East Power, selon l’agence Yonhap et le Korea Herald. L’équipe gouvernementale sud-coréenne dépêchée sur place a engagé un hélicoptère et des drones, sans « progrès significatif » au 1er septembre ; une recherche terrestre a été lancée le 31 août, les autorités népalaises restreignant les vols privés par crainte de nouvelles crues. À la demande officielle de Katmandou, la Corée du Sud annonce l’envoi d’une équipe de 44 secouristes supplémentaires. Sur le même chantier, les secouristes recherchaient encore le 30 août une centaine d’ouvriers bloqués dans des tunnels en construction, selon franceinfo.

Nationalité Disparus annoncés Date de l’annonce Source de l’annonce
Français 4 (3 femmes, 1 homme) 28 août Ministère français des Affaires étrangères
Sud-Coréens 9 (chantier hydroélectrique) confirmés le 1er septembre Gouvernement sud-coréen, via Yonhap
Américains environ 90 28 août Département d’État, via CNN
Israéliens 2 31 août Ministère israélien des Affaires étrangères, via le Times of Israël
Chaque chiffre correspond à une annonce officielle datée ; les décomptes par nationalité évoluent au fil des recherches.

Côté chinois, un bilan verrouillé et des internautes sanctionnés #

Le versant tibétain de la catastrophe est traité tout autrement. Dès le 28 août, La Croix décrivait une zone sinistrée bouclée par Pékin, qui « impose ses images ». Le 31 août, franceinfo rapportait que le gouvernement chinois censure les informations qui s’éloignent du bilan officiel de 16 morts et 546 disparus : les vidéos de la coulée filmées par des habitants du Tibet ont disparu des réseaux sociaux chinois, de même que la plupart des messages de personnes recherchant leurs proches. Les autorités chinoises ont annoncé le 31 août avoir sanctionné dix internautes accusés d’avoir diffusé de « fausses informations » — c’est-à-dire des chiffres différents du bilan officiel. Ouest-France et L’Express accusent également Pékin de « camoufler l’ampleur » du désastre. Aucune vérification indépendante du bilan tibétain n’est possible à ce stade.

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Où en sont les recherches ce mardi matin #

Au sixième jour, les chances de retrouver des survivants s’amenuisent, mais elles ne sont pas nulles : le 31 août, une fillette népalaise de six ans a été sauvée des décombres environ 60 heures après la crue, un sauvetage rapporté par RFI et RTL. L’ONU a annoncé le 31 août un renforcement de son aide, alors que routes et ponts emportés compliquent toujours l’accès aux vallées — un scénario de crue de montagne que la France a connu à plus petite échelle cet été, quand la route du Pré de Madame Carle a été emportée dans les Écrins. L’Himalaya, lui, rappelle régulièrement le prix de ses montagnes, comme lors de l’avalanche du Broad Peak qui avait mobilisé Nirmal Purja pour retrouver des alpinistes disparus.

Questions fréquentes #

Pourquoi la colère vise-t-elle le gouvernement népalais ?

Des familles de victimes affirment n’avoir « reçu aucune aide du gouvernement » et disent avoir organisé elles-mêmes les premières recherches, selon un reportage de TF1 Info du 31 août. La presse népalaise, relayée par Courrier international, accuse un exécutif qui « vit dans le cloud, mais échoue sur le terrain ».

Les quatre Français disparus ont-ils été retrouvés ?

Non. Confirmés disparus le 28 août par le ministère français des Affaires étrangères, les quatre ressortissants — trois femmes et un homme — n’avaient fait l’objet d’aucune annonce de découverte au matin du 1er septembre.

Que s’est-il passé exactement le 26 août au Népal ?

Un pan de glacier s’est effondré vers 8 h 37 heure locale près de la frontière sino-népalaise, en même temps qu’un glissement de terrain, selon l’USGS. Le torrent de glace, de roche et de boue a dévasté la vallée de la Trishuli, dans le district de Rasuwa, faisant 939 morts et 3 925 disparus au Népal selon le bilan du 31 août.

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À retenir

Six jours après l’effondrement glaciaire du 26 août, le bilan du 31 août atteint 939 morts et 3 925 disparus au Népal (955 morts avec le Tibet), et il continue de s’alourdir. La colère des familles contre le gouvernement népalais monte, rapporte TF1 Info, pendant que Pékin verrouille l’information côté tibétain. Les quatre Français et les neuf Sud-Coréens disparus n’ont pas été retrouvés au matin du 1er septembre ; Séoul dépêche 44 secouristes supplémentaires.

Sources : bilans officiels népalais et chinois du 31 août relayés par franceinfo ; CNN ; Korea Herald / Yonhap ; TF1 Info (31 août), Courrier international (30 août), La Croix (28 août), Ouest-France, Le Monde, La Dépêche, 20 Minutes, Le Parisien, RFI, RTL.

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