Les cours ont été totalement ou partiellement suspendus dans 400 à 500 lycées ce lundi 5 octobre, selon le ministère de l’Éducation nationale, tandis qu’une quarantaine de sites d’enseignement supérieur étaient perturbés, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation annoncée pour mardi.
- ▸Entre 400 et 500 lycées sur environ 3 700 ont vu leurs cours suspendus ce lundi, selon le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, cité par franceinfo.
- ▸Une quarantaine de sites d’enseignement supérieur étaient perturbés, d’après le ministre Philippe Baptiste sur Sud Radio.
- ▸À Valence, des heurts ont éclaté devant le lycée Algoud-Laffemas : poubelles incendiées et tirs de gaz lacrymogène, rapporte ICI Drôme-Ardèche.
- ▸Une journée de mobilisation « acte III » est annoncée mardi 6 octobre, avec le soutien de syndicats lycéens et enseignants.
Une ampleur confirmée ce lundi dans toute la France #
Selon le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, cité par franceinfo, les cours ont été « totalement ou partiellement » suspendus ce lundi 5 octobre dans 400 à 500 lycées, sur les quelque 3 700 que compte le pays. Le Premier ministre avait demandé une reprise des cours partout où la sécurité et l’état des bâtiments le permettaient.
L’Île-de-France reste la région la plus touchée : plus de 160 lycées publics sur 468 étaient fermés lundi, soit plus d’un tiers des établissements de la région, d’après France 24. Des blocages étaient aussi signalés dans la matinée devant plusieurs lycées parisiens, dont Voltaire, Sophie-Germain et Turgot, ainsi qu’au lycée Montaigne de Bordeaux.
L’enseignement supérieur est également concerné, dans une moindre mesure. Sur Sud Radio, le ministre Philippe Baptiste a évoqué « une quarantaine de sites » perturbés lundi, un chiffre stable par rapport à la fin de la semaine dernière. Il a décrit quelques blocages et des dégradations très limitées, sans commune mesure selon lui avec la situation des lycées.
« Demain, un embrasement, au niveau national, des lycées et des étudiants ; oui, je le crains. »
— Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, lundi 5 octobre sur Sud Radio
À Valence, des heurts devant le lycée Algoud-Laffemas #
Dans la Drôme, un rassemblement a dégénéré lundi matin devant le lycée Algoud-Laffemas de Valence. Selon ICI Drôme-Ardèche, 200 à 300 manifestants, pour la plupart des lycéens, étaient réunis dès 7h30 devant l’établissement lorsque des poubelles ont été incendiées à proximité immédiate de l’entrée.
Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Une partie des manifestants s’est ensuite dirigée vers le centre-ville de Valence, où des échanges de gaz lacrymogène et des tirs de mortiers d’artifice ont été rapportés par la radio locale.
Un mouvement parti d’Île-de-France le 17 septembre #
Le mouvement lycéen a débuté le 17 septembre dans la région parisienne avant de s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire, rappelle France 24. Dès le 1er octobre, 340 actions avaient été recensées en une seule journée selon l’AFP, de Créteil à Marseille en passant par Lille, Brest et Strasbourg.
D’après franceinfo, la mobilisation a pris une ampleur inattendue grâce aux réseaux sociaux : des vidéos de classes surchargées ou de bâtiments dégradés ont largement circulé sur TikTok, Snapchat et Instagram, transformant en deux semaines des revendications locales en mouvement national.
Moyens, remplacements, bâtiments : ce que demandent les lycéens #
Les revendications portent d’abord sur les conditions d’étude : classes surchargées, enseignants absents non remplacés, tables manquantes dans certaines salles et bâtiments vétustes. Les lycéens mobilisés disent se sentir abandonnés par l’Éducation nationale, selon les témoignages recueillis par franceinfo dans plusieurs académies.
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Une partie du corps enseignant affiche son soutien aux élèves. Des professeurs interrogés par franceinfo soulignent que les demandes des lycéens sur les effectifs rejoignent leurs propres alertes sur le manque de personnels, même si certains s’inquiètent des débordements qui accompagnent les blocages depuis plusieurs jours.
Un bilan sécuritaire lourd et une réponse gouvernementale attendue #
Depuis le début du mouvement, l’exécutif comptabilise plus de 5 000 interpellations, dont environ 85 % de mineurs, 24 établissements incendiés ou saccagés et 78 personnels de l’Éducation nationale blessés, « généralement par des personnes extérieures » aux lycées concernés, selon des chiffres rapportés par LCP et France 24.
Côté réponse politique, les manifestations seront interdites aux abords des établissements fermés, rapporte franceinfo. Le projet de loi dit « casseurs-payeurs » doit être examiné au Sénat le 27 octobre, et le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé à ses ministres une feuille de route de « cinq chantiers », avec des décisions attendues avant la fin du mois.
Mardi 6 octobre, un « acte III » sous haute surveillance #
Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée mardi 6 octobre, présentée comme l’« acte III » du mouvement. Elle est soutenue par l’Union syndicale lycéenne et par une intersyndicale de l’Éducation nationale, tandis que le Parti socialiste et la CGT appellent à manifester aux côtés des lycéens pour les « protéger », selon franceinfo.
Jugeant les mesures annoncées insuffisantes, les organisations lycéennes appellent à poursuivre les blocages. Le ministre de l’Enseignement supérieur dit pour sa part redouter la journée de mardi, alors que la pression reste forte sur le gouvernement pour apporter des réponses concrètes d’ici la fin du mois.
Questions fréquentes #
Combien de lycées ont été touchés ce lundi 5 octobre ?
Entre 400 et 500 lycées sur environ 3 700 ont vu leurs cours totalement ou partiellement suspendus, selon le ministère de l’Éducation nationale, dont plus de 160 établissements fermés en Île-de-France d’après France 24.
Que réclament les lycéens mobilisés ?
Davantage de moyens pour l’école : des classes moins chargées, le remplacement des enseignants absents et la rénovation des bâtiments vétustes. Le mouvement est parti d’Île-de-France le 17 septembre avant de s’étendre à tout le pays.
Que doit-il se passer mardi 6 octobre ?
Une journée de mobilisation présentée comme l’« acte III » est annoncée, soutenue par l’Union syndicale lycéenne, une intersyndicale enseignante, le Parti socialiste et la CGT. Les manifestations seront interdites aux abords des établissements fermés, selon franceinfo.
Plan de l'article
- Une ampleur confirmée ce lundi dans toute la France
- À Valence, des heurts devant le lycée Algoud-Laffemas
- Un mouvement parti d’Île-de-France le 17 septembre
- Moyens, remplacements, bâtiments : ce que demandent les lycéens
- Un bilan sécuritaire lourd et une réponse gouvernementale attendue
- Mardi 6 octobre, un « acte III » sous haute surveillance
- Questions fréquentes